Conseils pratiques : Comment rédiger votre thèse ou votre mémoire de recherche ?

Rédiger une thèse ou même un mémoire de recherche apparaît toujours aux yeux de l’étudiant comme une tâche gigantesque, impressionnante, un bloc entier de stress, de doutes et de difficultés qu’il n’arrive pas à entamer, ne sachant ni par quoi, ni comment commencer. Nous espérons que ces conseils pratiques vous aideront à trouver la force de commencer ou à y voir un peu plus clair.

Vous n’avez pas encore de sujet ?

1.Choisissez votre domaine d’étude :

Vous êtes donc au tout début, à la phase du choix du sujet. Vous venez de prendre la décision de rédiger un mémoire mais vous ignorez encore sur quoi il va porter. Vous avez ouvert la porte de la recherche, mais vous n’avez pas encore fait votre premier pas.

Considérez votre domaine d’études. Divisez-le en secteurs et voyez lequel vous inspire le plus. Par exemple, si vous étudiez une langue bien déterminée (le français, l’anglais ou l’italien) posez-vous la question si vous êtes plus intéressé par la grammaire, la littérature ou la  civilisation. Si vous étudiez la gestion, regardez si vous êtes plus inspiré par les finances, la comptabilité ou les statistiques.

Il s’agit de peser aussi vos compétences en la matière. On excelle dans un domaine lorsqu’on y obtient le meilleur rapport passion/ compétence. La passion seule ne suffit pas, parce que vous risquez d’être découragé par la difficulté de la problématique à laquelle vous voudriez répondre. Les compétences seules ne vous mèneront pas non plus  à la soutenance, parce que la recherche est un travail de longue haleine, et l’ennui ou le désintérêt risque de vous faire baisser les bras

2. Bouquinez :

Une fois vous avez trouvé votre domaine, commencez à vous imprégner de la tendance de recherche dans ce secteur. Bouquinez, lisez tous les articles qui vous tombent sous la main pour voir sur quoi on écrit de nos jours en ce qui concerne ce sujet. D’abord, vous serez étonné du degré de spécificité de ce que vous lisez. Quand on est nouveau dans le domaine de la recherche, notre passion et notre motivation nous mènent inconsciemment vers les grandes questions d’ordre général, qui nécessiteraient plusieurs volumes et dépasseraient largement le cadre d’un mémoire.

Ces lectures vous montreraient que le mémoire est un travail de précision, et puis que les petites questions très précises peuvent aussi être passionnantes. Vous verrez également que certains sujets ont été tellement travaillés au point être usés ou démodés, d’autres ont été rongés aux os. Fuyez comme la peste ce type de sujets. Si vous choisissez un sujet très nouveau, votre travail de recherche sera très attendu et on respectera votre courage d’avoir voyagé en terrain inconnu mais attention, vous n’aurez pas grand monde pour vous éclairer. A vous de voir, mais l’essentiel c’est de mesurer de manière réaliste la grandeur de la tâche.

3. Parlez-en avec des spécialistes :

C’est le moment de vous tourner vers vos professeurs. Si vous avez sérieusement bouquiné, vous devez avoir en tête plus qu’un sujet ou du moins des idées de problématiques. Tout ce qui vous reste, c’est de vérifier la faisabilité du sujet dans le cadre de votre mémoire. Pour cela, l’aide de vos professeurs est inestimable. Vu leur expérience en la matière, ils vous aideront à peaufiner votre sujet, à le reformuler, à mieux le délimiter et à vous rassurer sur sa faisabilité.

4. Regardez si votre sujet n’a pas déjà été travaillé :

Il existe plusieurs fichiers de thèses qui ont pour mission de recenser les thèses rédigées (et même en cours de rédaction pour certains sites ou fichiers). Faites une recherche pour trouver les fichiers de thèses qui traitent votre domaine de recherche. Les grandes écoles ou facultés ont désormais une plateforme des mémoires et thèses qui ont été rédigés par ses étudiants. Si vous trouvez que votre sujet est assez original ou mérite encore que l’on y réfléchisse, ne perdez pas temps, prenez les thèses ou mémoires qui s’en rapprochent le plus et insérez-les dans votre bibliographie. Je pense que ce sont les premiers ouvrages que vous devriez lire.

memoire

 

Vous tenez votre sujet (cette fois, c’est le bon !)

Maintenant, c’est officiel ! Vous êtes chercheur et déjà en phase d’exploration du sujet. Vous avez encore une bonne période de lecture devant vous pour arriver à l’étape suivante : le plan. Alors accrochez-vous et gardez bien en vue votre objectif. C’est le moment où vous avez le plus besoin de votre motivation.

1. Construisez votre bibliographie :

Cette étape est donc celle de la quête de toutes les informations théoriques, des travaux qui se sont penchés avant vous sur votre sujet, des textes qui se rapprochent de votre problématique. Soyez exhaustif dans votre collecte de données. Tout texte ou référence qui manquerait dans votre bibliographie risque d’être une zone d’ombre dans votre travail de recherche. Regardez également les bibliographies de tous les ouvrages que vous avez sous la main, cela attirera peut-être votre attention sur un point auquel vous n’avez pas forcément pensé au départ.

2. Faites le tri :

Pour ne pas vous sentir découragé devant la tonne de références que vous avez collectées, fractionnez-la en morceaux. Faites le tri dans votre bibliographie. Qu’il soit thématique, chronologique ou selon n’importe quel autre critère, le tri est très important parce qu’il vous aidera à maîtriser vos données, et puis à vous inciter à réfléchir déjà au plan.

3. Lisez et notez :

Commencez la lecture de vos éléments bibliographiques. Mais pour gagner du temps, faites en sorte que ce soit une lecture organisée et commentée. Pour ça, chaque chercheur a ses propres astuces. Certains sont fans du crayon pour gribouiller dans la marge le résumé d’une dizaine de pages de lecture, une remarque utile, un lien vers un autre texte à lire, une comparaison, une nouvelle piste de recherche, une question… Vous verrez au fil de la lecture que tout est bon à noter. Ne sous-estimez aucune idée qui vous vient à l’esprit au moment de la lecture. Gribouillez au crayon, collez des post-it, surlignez au marqueur, tenez un carnet de lecture, faites comme vous le sentez, mais l’essentiel, c’est que votre première lecture soit une lecture notée.

4. Essayez de faire un plan :

Vous vous dites peut-être que c’est encore trop tôt ? Vous pensez que vous n’êtes pas encore prêt ? Ce n’est pas grave, ce n’est qu’une ébauche, vous n’avez rien à perdre. C’est très important d’essayer pour voir si cela se tient déjà (certains ont réussi à rédiger un plan valable dès leur première tentative, vous vous sous estimez peut-être) mais le plus important c’est de voir, si jamais ça ne tient pas encore la route, les zones de faiblesse. Ces faiblesses dans votre ébauche de plan sont à bétonner par un seul et unique ciment : la lecture. Retournez-y et c’est le moment où vous me remercierez le plus de vous avoir conseillé de trier vos éléments bibliographiques. Parce que si vous ne l’avez pas fait, vous aurez une horrible sensation de retour à la case départ.

5. Proposez votre plan à votre encadrant :

Jusqu’aux dernières nouvelles, on dit encadrant ou encadreur, les deux sont justes, même si la mode veut que l’on privilégie encadrant qui fait plus moderne. Quel que soit le nom que vous donnez à sa mission, celle-ci inclut le fait de discuter avec vous votre ébauche de plan pour arriver ensemble à un plan solide. Je vous le dis tout de suite : il n’est pas rare que le plan soit revu et corrigé au fil de la rédaction. Donc ne vous interdisez jamais d’y retoucher, mais ne le faites jamais non plus sans en avoir discuté avec votre directeur de recherche.

Votre directeur de recherche a validé votre plan :

Bravo et félicitations ! Vous vous rendez compte ? Vous êtes déjà en phase de rédaction, l’avant dernière étape avant les corrections. C’est le moment ou jamais de vous accrocher.

1. Ecrivez :

Vous êtes pardonné si vous pensez que ce conseil est des plus ridicules. Mais depuis le temps que vous êtes en phase de rédaction, qu’avez-vous écrit ? Je vous le dis tout de suite, vous n’êtes pas le seul et il n’y a absolument aucun problème dans votre plan. Il s’agit tout simplement du blocage de la page blanche. Eh oui, le même qui frappe les romanciers, les poètes, les journalistes, bref, tous ceux qui écrivent. Vous pouvez trouver sur internet des centaines de stratégies pour vaincre ce qu’on appelle aujourd’hui le syndrome de la page blanche. D’abord, ne vous dites pas que vous allez écrire votre mémoire, cela rendre la tâche interminable à vos yeux, fractionnez-la. Dites-vous que vous allez rédiger la première sous-partie, le premier tiret. Fixez-vous des horaires de travail. Choisissez le moment où vous êtes au meilleur de votre forme, après votre café si vous êtes matinal, sinon au lit avant de dormir et vous n’avez pas besoin de vous imposer des heures et des heures de rédaction par jour. Commencez par une petite demi heure et vous verrez que une fois vous avez écrit deux petites phrases, le reste viendra tout seul. Autre chose, même si vous trouvez mauvais ce que vous avez écrit, ne l’effacez pas, gardez-le comme brouillon qui peut peut-être servir.

2. Donnez à lire :

Il est important que votre encadrant ne soit pas le seul à lire votre travail. Même si personne ne pourra vous corriger comme lui (pour ce qui relève du côté académique) il peut être bénéfique de donner votre travail à lire à un lecteur non averti qui, lui, vous dira plus sur le style, s’il est long, ennuyeux, ou au contraire expéditif.

3. Donnez à corriger :

Cette fois, on parle bien de votre directeur de recherche. N’attendez pas la fin d’une grande partie pour la lui transmettre à corriger. Lui aussi est un être humain et trouverait sympa d’avoir des fractions de travail. Transmettez-lui votre travail par petites tranches. C’est meilleur pour vous aussi puisque cela vous permet d’aborder les rectifications et les changements de plan dès que nécessaire.

Vous êtes déjà en phase de corrections, celle-ci ne peut être guidée que par votre directeur de recherche (j’aime cette expression qui met fin au dilemme encadrant/ encadreur) et j’espère que ces conseils ont pu vous aider un tant soit peu dans ce passionnant voyage.

 

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